SCENARYO

12jtm

(cet épisode n'est pas corrigé)

Ce sont des questions insidieuses, souvent tortueuses, parfois malheureuses, mais elles restent des interrogations fabuleuses. Que serions-nous capable de faire comme acte le plus fou pour quelqu’un que l’on aime ? Serions-nous capable de tuer pour protéger quelqu’un ? Serions-nous capable d’aider un proche qui vient de commettre un acte terrible ? Toute ma réflexion est partie de ces moments absurdes dont les réponses restent impossibles. Sauf que je devais y répondre, je ne pouvais plus faire semblant, je ne pouvais plus faire marche arrière. Pour moi c’était comme regarder un film dramatique dans lequel vous incarner le personnage principal, un film profondément humain et vrai et vous ne pouvez pas quitter la salle car vous savez que sans vous cela va mal finir. Je ne sais pas pourquoi ce jour là, nous étions ensemble, je ne sais pas pourquoi son cœur c’est ouvert un peu plus ce jour là. Je ne sais pas comment j’ai fait pour ne pas avoir un discours moralisateur et pourquoi j’ai préféré ne rien dire et juste écouter jusqu’au bout cette histoire d’une mort annoncée. Nous avions trop bu, nous avions trop aimé aussi. Nous partagions tant de choses que j’ai décidé tout de suite que je jouerais ce rôle et que je ne laisserai pas faire les choses de la vie. J’ai écouté ton histoire jusqu’au bout. Je n’ai posé aucune question pour ne pas t’interrompre et pour ne pas perdre là moindre information.

 

Ses mots étaient fluides, j’ai su qu’elle ne plaisantait pas et que tout était réfléchis tout du moins le croyait-elle. J’ai compris sa détermination. Je là connaissais trop bien pour savoir qu‘elle ne plaisantait pas. Je crois qu’elle n’avait pas imaginé en parler à quelqu’un. Mais nos lèvres, nos mains et le souvenir de nos amours manqués, tout cela à provoquer cette ouverture, elle a parlé. L’alcool aidant, elle a lâché prise. Elle m’a tout dit, sa passion, son envie et son projet. Mourir pour redonner le goût de vivre. C’était absurde, mais il fallait bien que je l’avoue, c’était d’une beauté tragique, un peu à la Roméo et Juliette. Croire que l’on tient la vie aux creux de ses mains. Croire que tout va ce passer sans encombre.

 

J’ai entendu des « je ne pourrais jamais le quitter », « il coule chaque jour dans mes veines » Je sais tout cela peux paraître mièvre et loin de la vrai réalité d’un couple. J’ai entendu des « il est là, il souffre, je sais que je l’aime mais je n’ose rien avec lui ». Tout, je dis bien tout était absurde, ses mots, sa passion, sa déraison sauf que son amour lui n’avait rien d’absurde. Elle aura passé sa vie à tout faire pour ne pas qu’il soit dans ses bras et pourtant elle brûle dès qu’il est là à coté d’elle. « Je me suis même mariée pour le faire fuir » m’a t’elle dit. Aberrant. C’est comme s’il y avait un barrage entre eux. Je les connais très bien l’un comme l’autre. Très bien et trop bien d’ailleurs pour qu’il en soit ainsi. Tu veux mourir ? Me suis-je dit, alors tu vas mourir, je n’ai pas changé son scénario pour elle. Elle m’avait tout dit. Elle ne savait pas que j’allais suivre son plan.

 

Elle s’est réveillée le lendemain matin. J’avais disparue. Je n’avais pas fermé l’œil de la nuit. Elle avait passée cette nuit là dans mes bras. J’ai même pleuré en me disant que j’étais folle, complètement folle. Mais j’allais le faire. Je ne voulais pas qu’elle se souvienne qu’elle m’avait parlé. Je lui ai laissé un mot prétextant que j’étais partie en début de soirée. Et de mon coté je n’ai pas cessé de construire et de refaire l’histoire. Julianne voulait se suicider pour libérer un Guillaume qu’elle ne voit même plus devant lui. Comment peut-on mettre fin à ses jours quand on aime quelqu’un qui vous aime ? Car c’était bien là ma force, celle de savoir qu’il était dans la même énergie du désespoir.

 

Guillaume et Julianne sont devenus mes Roméo et Juliette. J’ai tout fait pour être discrète. J’ai tout fait pour connaître son plan, jusqu'à en devenir la coupable idéale. Tant pis, me suis-je dit, je règlerai ça avec les moyens du bord. Bizarrement j’étais prête à tricoter toutes les mailles d’un scénario pour qu’il épouse celui de Julianne s’en qu’elle s’en aperçoive. Par contre mes intérêts, eux n’avaient pas d’importance.

 

Du coup j’avais mille questions en tête, il fallait que je me concentre. Il fallait que j’interprète et que j’extrapole. J’ai passé quatre nuits à mettre en place mon arbre des possibles. Chaque ramification menait à plusieurs possibilités. Il fallait que j’élimine et que je construise un chemin, presque une destiné. Il ne fallait rien manquer, tout imaginer. Je devais être le dieu de ce scénario. Le maître du monde et avoir dans le creux de mes doigts aux moins deux vies. J’étais effectivement devenu un dieu féminin et je maîtrisais mon sujet. J’étais dans l’absurde et l’aberrant au début. Je suis resté dans l'irrationnel jusqu’au bout. J’ai pleuré pour elle et pour eux. J’ai même crié, combien de fois je me suis dis que j’étais moi aussi à enfermer. Une folle parmi les fous, mais on ne se refait pas, je les aime, elle et lui et je ne les lâcherais certainement pas quand ils ont le plus besoin de quelqu’un qui réfléchît dans l'instinctif.

 

Pourquoi j’ai su comprendre ce qu’ils refusaient d’accepter de leurs cotés ? Pourquoi sont ils aussi hermétique au bonheur ? Et surtout pourquoi refusent t’il de voir l’évidence ? Pour en plus s’inventer l’incohérence dangereuse d’une mort rédemptrice et salutaire. Si je suis croyante, c’est bien parce que je veux que les gens s’écoutent et qu’ils ne suivent pas aveuglements des prières vides. Si je suis croyante c’est pour être un Dieu le plus fidèle à ce que je vois dans le cœur des autres. Julianne et Guillaume sont mes autres aujourd’hui et depuis un certain temps déjà.

 

Je suis donc coupable et je plaiderais coupable. Coupable de les voir s’aimer. Coupable de lui donner la mort qu’elle voulait. Coupable d’avoir incinérer son corps comme elle le voulait. Coupable d’avoir fait disparaître toutes les preuves. C’était d’autant plus facile, qu’elle avait tout prévu. Avoir utiliser un stage d’observation chez son propre père commissaire pour falsifier des documents. Se mettre dans la peau d’un meurtrier totalement dément pour faire disparaître son crime et un corps en l’incinérant avec tous les documents administratifs appropriés. Comment son propre père n’a t’il pas réussi à faire les recoupements nécessaire ? Julianne a rencontrée et visitée le lieu ou elle voulait faire évanouir en fumée son propre corps. Elle a vu le four. Elle a parlé au responsable. Sous couvert de protéger son identité, elle s’était fait appeler Jeanne, comme Jeanne d’Arc. Etait-elle aussi calculatrice qu’amoureuse et totalement illuminée pour prendre le prénom d’une fille fabuleuse morte sur un bûcher ? Elle avait ensuite réussi et ça personne ne l’avait encore vu à faire basculer une fortune pour celui qui allait s’écrouler sans elle. Mais tu es complètement idiote ou seulement amoureuse pour croire que ton plan avait une chance de réussir ? Tu as oublié tant de chose ma pauvre Juliane. Tu ne connais donc rien à la nature propre à l’homme. Il fallait mettre un garde fou. Il fallait prévoir et lui donner une chance de voir ce qu’il avait manquait. Il fallait ma douce amie prévoir que l’amour peut ce calculer tellement facilement avec un homme. Tu lui mets une belle fille dans les bras et il tombe dans le piège en deux secondes. Pourtant ton plan n’était pas totalement mauvais. Tu avais bien l’intention de trouver la perle rare. La fille dont il allait tomber amoureux pour t’oublier. Sauf que mon plan était beaucoup plus fort et bien plus abouti. J’ai utilisé tes données et je les ai multipliés pour les sublimées.

 

Ils n’ont rien vus pour l’instant. Je peux me resservir un verre de vodka. Et je vais suivre mon plan jusqu’au bout.

 

Ma belle Juliane, je t’aime comme personne n’a réussi à t’aimer. Sauf que moi je t’ai  aimé. Je t’ai donné du plaisir. Je t’ai donné cette affection puissante que tu aurais aimé retrouver chez Guillaume. Je t’ai fait vibrer et moi plus que personne je sais que tu es une femme étonnante dans l’amour et dans la vie de tout les jours. Ce que tu as fait avec moi, je sais qu’avec lui c’était possible sinon jamais je n’aurais suivi ton plan misérable.

 

Je vais avoir les flics au cul. J’aurai un Guillaume qui va tomber à genoux devant moi. J’aurai une Julianne morte mais qui ne m’en voudra pas une seconde. Car je sais ou je vais même si il y a encore quelques zones d’ombres que je vais tenter de maîtriser. Je vais y arriver tu peux compter sur moi !

 





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