SCENARYO

auto derisoire

AUTO-DÉRISOIRE
de MOI à MOI


- Un peu plus de douze mois après la fin de la deuxième saison du DERNIER HOMME A MOURIR tu te retrouves face à cette même fin avec L'HOMME ET SON ENVERS, tu ressens quoi ?

- Un mal de tête, un grand vide et une sensation très inconfortable de voir mes personnages m'échapper. On croit toujours que c'est l'auteur qui donne vie à ses personnages mais pour moi c'est le contraire. Terminer une saison pour moi, aussi bête que cela puisses paraître, c'est mourir un peu...

- Comment tu fais pour t'en remettre ?

- Je me fais croire que plus jamais je n'écrirai, je fais la gueule et je m'enferme dans mon mutisme. Je deviens un artiste indomptable et infréquentable.

- On peut espérer avoir une suite de l'une et l'autre de ces deux aventures ?

- Ce n'est pas le meilleur moment pour répondre à cette question. Je suis capable de répondre oui tout en entendant « à quoi bon » dans ma tête. C'est comme d'expliquer à quelqu'un qui est au bord du suicide que la vie est belle.

- Et alors la vie n'est pas belle en ce moment ?

- Oh que si, je n'ai jamais écrit avec une constance, une abondance et une sérénité aussi fortes. J'ai de plus en plus l'impression que cela coule en moi et que je ne fais qu'écouter ce que j'ai dans la tête.

- Avec ce genre d'auto-interview, tu n'as pas peur d'être jugé sévèrement ?

- Quand on décide un jour d'être peintre, musicien, comédien ou écrivain c'est pour être un jour vu, entendu ou lu. Même si cela n'est pas toujours facile à investir, j'accepte la critique. Et en règle générale je me fous royalement des jugements excessifs. Je pratique l'auto-dérision et je ne suis pas tendre avec moi !

- Tu aimerais remonter sur les planches pour avoir ce jugement en direct ?

- Oui, sans aucun doute, je viens de cette école où on respecte un public et où on travaille pour lui donner le meilleur.

- En parlant de meilleur et d'auto-dérision, tu as lancé avec Majolo le mouvement TU ES MON MEILLEUR AMI AU MONDE, c'est quoi exactement ? Une plaisanterie, une utopie ou juste une manière de plus d'être impertinent ?

- Pour être très juste, cela pourrait être un mélange des trois. Plaisanterie, car en le disant on ne provoque pas que des bonnes choses. Dire « tu es mon meilleur ami au monde » c'est comme vouloir donner 20 euros à une association caritative sans jamais le faire. C'est comme d'avoir pitié de celui qui dort dans sa voiture. Le dire, le voir, ce n'est pas suffisant, pourtant ce n'est pas uniquement utopique de le dire. Ne rien dire ou ne rien faire finira pas être dangereux. Et je me suis aperçu d'un truc très étonnant, c'est qu'en le répétant, et bien cela provoque des passions débordantes, même entre gens inconnus. Oui je suis impertinent, je rigole de tout et j'ose me moquer de tout mais cela ne se fait pas sans respecter celui qui est en face de moi.

- Tu n'as jamais rien écrit de drôle !

- C'est faux, il y a plus de dix ans j'ai écrit une pièce de théâtre qui va être montée à Paris. J'ai écrit des sketches pour Dany Boon y'a plusieurs années mais ils sont restés dans mes tiroirs. Et il ne passe pas deux jours sans que je n'interprète mon personnage fétiche Jean-Claude.

- Qui est Jean-Claude ?

- Mon souffre douleur !!! Le beauf de service, celui qui ne comprend jamais rien et qui mettra toujours les pieds dans le plat.

- Et ton pote Jean-Claude, il le prend comment ?

- Il n'est pas concerné par ce personnage !

- Quand tu étais intervieweur et que tu rencontrais des gens connus, tu as posé une question que tu regrettes ?

- Oui, bien sûr, ma question la plus con c'était de demander s'il fallait choisir entre le théâtre et le cinéma quel serait votre choix ?

- S'il fallait choisir entre écrire et respirer quel serait votre choix ?

- Sans réfléchir une minute je répondrais écrire, c'est ma plus belle façon de respirer !